Total donne rendez-vous aux syndicats mardi

Le gouvernement a accru lundi sa pression sur le groupe pétrolier, tandis que la CGT appelle toujours à la grève illimitée. Les syndicats sont invités à se réunir avec la direction du groupe, mardi.
Alors que plane toujours la menace d'une pénurie de carburant, le dialogue de sourds se poursuit entre la direction de Total, les syndicats et le gouvernement.
Le groupe pétrolier a invité les syndicats à une réunion demain mardi à 10 heures au siège du groupe, afin de tenter de sortir du conflit dans les raffineries, a-t-on appris lundi auprès de la CGT et de la direction.«Nous irons à la réunion, mais nous ne signerons un relevé de fin de conflit que s'il est approuvé par les personnels en assemblée générale», a prévenu Charles Foulard, coordinateur CGT pour le groupe. Un porte-parole de Total a évoqué «une reprise des discussions».
Comité d'entreprise exceptionnel le 8 mars
Après avoir réitéré sa volonté de garantir à chacun des 370 salariés de la raffinerie un emploi qui corresponde à ses compétences, et répété qu'aucune autre raffinerie du groupe n'était menacée de fermeture, Total avait auparavant décidé d'avancer la date de son comité d'entreprise exceptionnel au 8 mars prochain. C'est lors de ce rendez-vous que les salariés de Dunkerque, en grève depuis le 12 janvier, seront enfin fixés sur leur avenir.
Lundi matin, Christian Estrosi a tapé du poing sur la table, et lancé un véritable ultimatum au groupe pétrolier, qu'il a appelé à «sortir enfin de l'ambiguité»: «soit Total est en mesure d'apporter un projet précis et daté d'implantation de nouvelles activités, soit Total doit très rapidement redémarrer sa raffinerie de Dunkerque» a exigé le ministre. Le président de la République y est allé lui-même de son intervention, convoquant lundi à l'Elysée l'ancien PDG et président du conseil d'administration du groupe pétrolier français, Thierry Desmarest. Objectif de ce déploiement diplomatique : le sauvetage de la raffinerie des Flandres de Dunkerque, dont l'activité est à l'arrêt depuis le mois de septembre dernier, et que Total souhaite définitivement fermer.
Depuis New York, Christophe de Margerie n'a cependant pu s'empêcher d'égratigner l'opposition rencontrée par son groupe, regrettant qu'il soit en France «si difficile» de prendre une décision stratégique pour une entreprise bénéficiaire comme l'est Total. «Dans un contexte où les marges de raffinage sont extrêmement faible, vous devez vous adapter. Et si vous ne le faites pas, vous n'êtes pas un dirigeant responsable» a-t-il estimé.
ExxonMobil et Ineos rejoignent le mouvement
Par ailleurs, les garanties données par Total, pourtant précédemment réclamées par les syndicats, ne suffisent pas à la CGT. Elle a en effet déclaré qu'elle refuserait de signer l'ordre du jour du prochain comité d'entreprise «tant que les revendications ne seront pas satisfaites, à commencer par le maintien de la raffinerie de Dunkerque».
Et la direction, qui évoque une baisse structurelle de la demande de carburant pour justifier la fermeture du site de Dunkerque, semble bel et bien se refuser à céder sur ce dernier point. Dans un communiqué paru lundi matin, elle évoquait encore «l'évolution» de «l'établissement» - et non plus la raffinerie - des Flandres.
Voilà de quoi inciter encore les syndicats, à qui même le porte-parole de L'UMP, Frédéric Lefebvre à apporté son soutien - «je suis du côté de l'emploi, avec la CGT» a-t-il déclaré lundi matin sur RTL - à durcir leur mouvement. Si la CFDT a demandé lundi la suspension de la grève illimitée chez Total, la CGT majoritaire a appelé les salariés de deux raffineries d'ExxonMobil, ainsi que ceux du groupe britannique Ineos à rejoindre le mouvement dès mercredi matin. «Il ne s'agit pas d'un geste de solidarité avec les salariés de Total», explique le délégué CGT Gérard Guerrero, mais plutôt d'une volonté d'amplifier le mouvement qu'ils ont lancé, afin d'avoir des assurances quant à l'avenir du raffinage en France, menacé par une surproduction endémique.
(责任编辑:Elisabeth)

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